[Juin 2018] Bilan d’un mois de malfaisance

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Un an déjà !

20 juin 2018 – 20 juin 2019 : de la deuxième vague de perquisitions des opposants et opposantes à Cigéo jusqu’au rapport de la Ligue des droits de l’homme, déjà un an de passé. Une foutue année sous contrôle judiciaire pour sept mis.es en examen et deux témoins assistés. Une année passée pour d’autres à se demander qui sera le ou la huitième et si on sera les prochaines sur la liste : la trouille au ventre quand on aperçoit les keufs, les sursauts quand ça bruisse dans les escaliers, la phobie du téléphone…

Mais aussi, malgré tout ça, la rage, l’envie de résister et d’éclater à la masse les murs qu’on essaie de construire autour de nous, de soutenir les inculpé.es par tous les moyens, de leur envoyer des mots doux, de faire des tunes pour l’antirep, de parler, de tisser des liens avec celles et ceux qui subissent aussi la répression dans leurs quartiers, dans leurs facs, dans leurs lieux de vie ou de lutte, dans la rue, à leurs travail, au G20, au G7 qui approche…

Et puis des joies folles. Et puis les visages sur des vidéos. Et puis des idées qui fusent : si on faisait un bal ? Si on en faisait dix ou cent? Si on écrivait un conte ? Si on mettait des tableaux de Bruegel ? Si on écrivait des cartes de vœux au tribunal de Bar-le-Duc ? Si on faisait un jeu de société sur l’association de malfaiteurs ? Si on la créait pour de vrai, loi 1901 et tout, histoire de rigoler ? Si on allait à cent ou mille se déclarer malfaiteurs à la gendarmerie ou à la préfecture ? Si on écrivait « nous sommes tous des malfaiteurs » sur des pavés, et qu’ils passaient malencontreusement les fenêtre de la gendarmerie (ou de la préfecture) ? S’il n’y avait plus de gendarmerie, plus de préfecture ? Et plus de centrales nucléaires ?

En attendant ce doux moment, voilà un résumé des nouvelles du mois :

4 juin : Nous republions un compte-rendu du procès de l’association de malfaiteurs rennaise (dégradation de bornes de transports en commun en 2016).

Verdict : 1 mois de sursis pour un des prévenus, 4 mois pour les 18 autres. A vrai dire, on ne sait plus bien sur quel bien danser. Le verdict paraît extrêmement lourd pour des dégradations mineures qui auraient pu être de nature contraventionnelle et réglé il y a déjà trois ans par une amende. D’un autre côté, lorsqu’on sait que la qualification d’association de malfaiteurs a été retenue par le tribunal, alors que cette qualification ne peut s’appliquer qu’à des délits passibles d’au moins cinq ans d’emprisonnement, on est saisis d’une certaine perplexité. A quoi jouent donc les juges rennais en associant les mots d’« association de malfaiteurs » à des peines d’1 à 4 mois de sursis ? A quoi joue-t-on à Bure aussi, à part à étendre démesurément la qualification d’ « association de malfaiteurs » à des affaires qu’elle ne devrait pas pouvoir concerner ? Et pourquoi ? La réponse n’est pas mystérieuse : parce qu’avec cette qualification, on peut parfois mettre en œuvre les moyens d’enquête de l’antiterrorisme (article 706-16 du code de procédure pénale), notamment en matière de renseignement (articles 706-16-2 et 706-25-2). Un outil bien pratique en somme, que l’on sauve parfois du naufrage au bout de quelques procès, même quand il n’a rien à y faire. Tout notre soutien aux camarades de Rennes s’ils et elles comptent faire appel de cette décision absurde et dégueulasse !

20 juin : Un an pile après les perquisitions, le faux débat public pointe son nez à Bar-le-Duc et le procureur Olivier Glady en personne s’y pavane, tandis que le même jour la LDH et la FIDH sortent deux rapports accablants pour le tribunal de Bar-le-Duc.

Sont pointés du doigt, en particulier, la grande connivence des juges et du parquet, la stratégie de tension policière et judiciaire, la multiplication des délits d’intention. En réaction, l’ensemble des associations opposées à Cigéo demandent dans un communiqué commun :

  • « – l’arrêt de l’escalade de la politique répressive actuelle envers les lanceurs d’alerte autour du projet Cigéo

  • – l’arrêt de l’utilisation des forces de l’ordre à des fins de mise en scène et d’instauration d’un climat de peur

  • – l’arrêt de la militarisation du territoire et de la judiciarisation de la lutte contre Cigéo
  • – la levée des contrôles judiciaires, maintenu depuis plus d’un an dans le cadre de l’instruction pour association de malfaiteurs, en ce qu’ils portent atteinte aux liberté d’association, d’expression et demanifestation. »
29 juin : Un grand bal de soutien à Bure réunit 600 personnes à Montreuil. Le blog noussommestous, caché parmi la foule, n’en a pensé que du bien !


Pendant ce temps, l’Andra continue d’essayer de faire son (grand) trou dans la Meuse, et parler de la répression ne doit pas nous faire perdre de vue que l’ennemi c’est Cigéo (et son monde (de merde)). L’étude d’impact environnementale du projet a été présentée en CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi du Laboratoire), de nouvelles galeries « expérimentales » vont être creusées pour 42M d’€ (chantier à nouveau remporté par Eiffage), un enquêteur de terrain tourne dans les villages pour prendre la température des habitant.es et le pseudo-débat continue son oeuvre de vernis démocratique

Prochains rendez-vous :


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